Le lymphœdème relié au cancer du sein (LRCS) : la lymphographie au vert d’indocyanine a permis d’établir un lien avec les effets secondaires de la chimiothérapie à base de taxanes.

Étude du lien entre le lymphœdème relié au cancer du sein et les effets secondaires de la chimiothérapie à base de taxanes à l’aide de la lymphographie au vert d’indocyanine

Contexte : Le lymphœdème lié au cancer du sein (LRCS) est une complication courante. Le docétaxel (DOC) et le paclitaxel (PTX) ont été utilisés dans la chimiothérapie à base de taxanes pour le cancer du sein et pour induire une rétention de liquide. Le but de cette étude était d’examiner l’association entre la fonctionnalité lymphatique et les effets secondaires de la chimiothérapie à base de taxanes en utilisant la lymphographie au vert d’indocyanine (ICG). Méthodes et résultats : Cent quatre-vingts patientes atteintes de cancer du sein ayant subi une chimiothérapie à base de taxanes à dose complète (DOC ou PTX) et se plaignant d’un œdème des membres supérieurs ont été admises dans cette étude. Le LRCS a été diagnostiqué exclusivement sur la base des résultats de la lymphographie ICG. Les caractéristiques (âge, indice de masse corporelle, latéralité, type de chirurgie, irradiation des ganglions lymphatiques régionaux, hormonothérapie et type de chimiothérapie) des patientes ayant reçu un diagnostic de LRCS (+) et de LRCS (- ; rétention de liquide uniquement) ont été comparées. Les effets secondaires ont été comparés en huit catégories (neutropénie, toxicité cutanée, modification des ongles, myalgie/arthralgie, neuropathie périphérique, stomatite, dysgueusie et maladie digestive). Le groupe LRCS (+) était composé de 116 patientes et le groupe LRCS (-) de 64 patientes. Les patientes LRCS (+) présentaient des taux significativement plus élevés de dissection des ganglions lymphatiques axillaires (98,3 %), d’irradiation des ganglions lymphatiques (68,1 %), de chimiothérapie néoadjuvante (14,7 %) et de DOC (62,9 %) que les patientes LRCS (-) (56,3 %, 20,3 %, 3,1 % et 34,4 %, respectivement?; p = 0,002 pour le taux de chimiothérapie néoadjuvante, p < 0,001 pour les autres taux). Les patientes LRCS (+) présentaient des taux de neuropathie périphérique significativement plus élevés (60,3 %) que les patientes LRCS (-) (40,6 %?; p = 0,01). Conclusions : Le taux d’occurrence du LRCS a augmenté chez les patientes présentant une neuropathie périphérique induite par une chimiothérapie à base de taxanes. Ceci implique que la neuropathie périphérique peut induire le LRCS.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35099282/

 

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Perles cliniques pour les soignants

Le lymphœdème est catégorisé d’origine primaire ou secondaire. Le lymphœdème secondaire résulte d’un traumatisme, d’une surcharge chronique du système lymphatique ou de séquelles des traitements contre le cancer. L’article scientifique rédigé par Dre Geneviève Chaput, Maryse Ibrahim, physiothérapeute et Dre Anna Towers, toutes trois de la Clinique du lymphœdème du Centre universitaire de santé McGill, se penche sur le lymphœdème secondaire lié au cancer (LSLC), un effet potentiel relié au traitement des survivants. Les traitements du cancer du sein, des cancers gynécologiques, du cancer de la prostate, des cancers tête et cou, du mélanome et d’autres cancers de la peau sont le plus souvent associés au LSLC. En l’absence d’une définition et de critères diagnostiques uniformisés, la prévalence du LSLC est difficile à établir ; les estimations actuelles suggèrent que plus de 300 000 Canadiens sont atteints de LSLC. Une vue d’ensemble du LSLC est présentée en cinq thèmes : les facteurs de risque du lymphœdème, le dépistage et l’intervention précoces, le diagnostic et la stadification, la prise en charge, en mettant l’accent sur les phases de réduction du volume et de maintien, de même que le soutien et l’éducation des patients, et, enfin, des perles cliniques pour aider les soignants à intégrer les connaissances sur le LSLC à leur pratique.

Source : Current Oncology. 2020 Déc;27(6):336-340. Epub 2020 Déc 1. PMID:33380866 | PMC:PMC7755442 | DOI:10.3747/co.27.7225

Texte intégral :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7755442/

 

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Découverte d’un nouveau gène associé au lymphœdème primaire

L’équipe du Pr Miikka Vikkula de l’Institut de Duve de l’Université catholique de Louvain a identifié un nouveau gène responsable du lymphœdème primaire, ainsi que les mutations de ce gène qui altèrent la fonction d’une protéine jouant un rôle dans la vascularisation. L’équipe scientifique a également découvert comment ces mutations entraînent la dysfonction de la protéine.

Des échantillons ont été prélevés sur près de 900 patients (et membres de leur famille) atteints de lymphœdème primaire. En utilisant le séquençage de l’exome entier, l’équipe a pu révélé des mutations dans un gène appelé ANGPT2 chez cinq familles présentant un lymphœdème. Il avait déjà été démontré que l’ANGPT2 influençait le développement lymphatique chez la souris. C’est la première fois qu’on découvre que des mutations de ce gène provoquent une maladie chez l’humain.

Qu’elles induisent un excès ou un déficit de vaisseaux lymphatiques, ces mutations entraînent un lymphœdème primaire chez les patients. Jusqu’à présent, on a découvert 28 gènes à l’origine du lymphœdème primaire et/ou prédisposant à la forme secondaire. Ces gènes n’expliquent que moins du tiers des cas, chaque gène causant un pourcentage défini de cas.

Cette importante découverte est essentielle pour établir le diagnostic adéquat des patients atteints de lymphœdème primaire et ouvre de nouvelles perspectives pour le développement de traitements.

Source : Publication : Leppänen et Brouillard et coll, Science Translational Medicine 2020

Texte intégral :

https://stm.sciencemag.org/content/12/560/eaax8013.editor-summary

https://bit.ly/3ceVx9p

https://bit.ly/3sY7ZAv